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Karitas - Chasse à Haut-roc

 
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Karitas


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MessagePosté le: Jeu 24 Nov - 17:29 (2016)    Sujet du message: Karitas - Chasse à Haut-roc Répondre en citant

Elle fut réveillée par une désagréable sensation de froid, comme si tous les vents glacés de la montagne avaient décidé de la tirer du lit. Elle ouvrit les yeux aussitôt, tendant la main à la recherche de son épée. Ses doigts heurtèrent le montant en bois massif, lui rappelant immédiatement où elle était.
La hutte où on lui avait proposé de passer la nuit ne proposait pas le summum en matière de confort. Néanmoins, elle avait été élevée dans le goût des choses simples. A Gallaeroc, ses quartiers étaient propres, carrés, mais sans superflu. Elle n'était donc pas trop dépaysée.
De toute manière, avoir un toit solide était déjà plus que ce qu'on était en droit d'espérer, à Haut-roc. Les constructions Taurens, bien qu'elles ne paient pas de mine, remplissaient leur fonction à la perfection : protéger les autochtones du froid mordant et des intempéries.
De ce qu'elle avait pu observer, les demeures indigènes étaient un assemblage de rondins, coupés dans les puissants pins qui poussaient sur les pentes escarpées. Les Taurens calfeutraient les interstices entre les troncs avec un amalgame d'argile, de paille, d'herbes et de liquide bitumineux.
Le tout donnait des abris rustiques, à l'épreuve de la neige.
Une aubaine pour les rescapés de l'Aube.

Combien étaient-ils encore vivants ? A peine un dixième de ceux qui avaient posé pied sur les rivages des îles brisées. Dans les rangs des survivants, beaucoup étaient amputés, malades ou mourants. En plus des démons qui infestaient le pays, il fallait compter sur les Vrykuls violents, les accrochages avec les Drogbars, les prédateurs sauvages...
Bien sûr, Karitas faisait de son mieux pour soulager les souffrances des blessés. Le seigneur McGallaway s'était sorti indemne des dernières batailles, c'était déjà ça. Mais beaucoup ne pouvaient pas en dire autant. La troupe manquait cruellement de médecins. Les guérisseurs des indigènes avaient eux-mêmes fort à faire avec les fièvres et les blessés de leurs tribus. On manquait aussi de fournitures, et Karitas ne s'y connaissait pas en herbes médicinales.

Ce n'était donc pas le froid qui la réveillait ce matin, mais un Tauren, un de ces étranges géants à museau massif et larges bois. Les cornes de ces indigènes ne ressemblaient en rien à celles des Draenei, mais les deux espèces avaient toutes deux dans leurs yeux une lueur sereine, un calme qui les rapprochait.
En-dehors de ce léger détail, rien ne concordait entre la jeune paladin à peau bleue, et le colosse à fourrure qui, soulevant la trappe du palier, poussait d'un ton enjoué un tonitruant réveil :
"Debout, la petite ! Si vous voulez chasser, il faut partir avant le lever du jour !"
Il s'appelait Cornecuir, c'était un membre respecté de la tribu. Il était étonnant qu'une créature d'apparence aussi bourrue ait pu apprendre les rudiments du commun aussi vite. Cela ne faisait que quelques mois que l'Alliance avait débarqué aux Îles brisées.
"J'arrive, j'arrive, l'assura Karitas en ramassant son gilet, qui séchait à la tête du lit. La prochaine fois, frappez avant d'entrer !
-Les rayons du soleil vont faire fondre les dernières neiges, si on ne se dépêche pas la route sera beaucoup plus dangereuse", répondit le Tauren en redescendant, laissant se refermer le clapet.

Karitas décida de ne pas laisser la mauvaise humeur gâcher le début de cette journée : il avait raison. Mieux valait couvrir la plus grande distance avant le dégel du matin. Elle procéda à une toilette frugale avec une coupe d'eau glacée qui était posée sur une table basse. La fraicheur de l'eau la réveilla tout-à-fait.
Après ces ablutions rapides, elle enfila sa chemise, sangla ses jambières, s'équipa de son plastron. Elle finit ses préparatifs en attachant sa lourde épée à sa ceinture, puis en rassemblant à la hâte son épaisse chevelure en deux couettes.
Elle leva la tête vers l'étage supérieur de la hutte. L'habitation comptait trois paliers successifs : rez-de-chaussée, le plus large étage, où le foyer faisait crépiter des bûches ; la fumée montait ensuite à travers deux planchers en sapin massif, par des trous centraux. Thion avait pris ses quartiers au deuxième étage.
Elle se proposait de monter l'informer de son départ, ce que la... plus élémentaire politesse... exigeait. Elle posait déjà un sabot sur la première marche de l'escalier, quand elle entendit des pas feutrés descendre.
Alors qu'elle s'attendait à voir apparaitre le redoutable ours du Nord, le seigneur McGallaway, et qu'elle s'apprétait déjà à lui reprocher de se réveiller si tôt alors qu'il était si fatigué, elle eut la surprise de voir apparaitre Elen dans le tournant de l'escalier.

Elen Courbenuit ! Cette Elfe sorcière, cette intrigante qui, en quelques jours, avait rapidement trouvé sa place dans l'entourage de Thion ! Karitas était aussi surprise, que décontenancée ou énervée.
Elle n'aimait pas cette magicienne. Certes le seigneur de Gallaeroc aimait à s'entourer de gens compétents, et dame Courbenuit était sans conteste une excellente pratiquante des arcanes, elle l'avait déjà prouvé.
Mais c'était aussi une Elfe d'une grande beauté, qui savait la mettre en valeur avec des tenues ravissantes ; une femme à la voix douce qui pouvait ensorceler sans recourir à des sorts ! Et Karitas savait que Thion n'était pas insensible à ce genre de qualités non plus.
N'était-ce pas suffisant pour avoir du ressentiment envers cette sorcière dont on ne savait rien ? Elen s'était pour ainsi dire jetée dans les jambes de McGallaway, sans prévenir. Karitas avait sans doute froncé les sourcils, car la magicienne haussa les siens :
"Bonjour, dame chevalier. Quelque-chose ne va pas ?"
Non seulement cette sorcière était belle, mais elle était perspicace. Karitas remua les épaules et grommela :
"Tout va très bien... Je voulais informer le seigneur McGallaway de mon départ.
-Il vient de se coucher, susurra la sorcière avec un léger sourire. Nous avons longuement parlé cette nuit des stratégies à adopter, et je lui ai aussi révélé tout ce que je savais des routes pour atteindre les hauts sommets...
-Vous êtes bien prévenante avec lui", grinça la Draenei en s'écartant.

Elen hocha de la tête, toujours avec ce sourire amusé. C'était exaspérant ! Elle passa à côté de la paladin et lui posa une main sur l'épaule :
"Je fais de mon mieux pour répondre à ses désirs, tout comme vous à votre manière, je n'en doute pas."

Karitas recula d'un pas pour rompre ce contact. Elle avait des picotements dans le bras et se retenait de dégainer.
"Donc, il vaut mieux que je ne monte pas ?
-Il prend un peu de repos à présent, autant éviter de le déranger en effet, susurra Elen.
-Je ne l'ai jamais dérangé !" Répliqua Karitas crânement. Puis, pour se donner une contenance et rabattre le caquet de cette Elfe, elle ajouta :
"Quand il se réveillera, ne manquez pas de lui dire que je suis partie accompagner les chasseurs. Je devrais revenir dans l'après-midi.
-Ne vous inquiétez pas, je le lui dirai, promit Elen en hochant de la tête. Et je veillerai sur lui en son absence."

Karitas voulait lui rétorquer qu'elle ne pourrait pas la remplacer. Pour qui se prenait-elle ? Mais cela ne rimait à rien de répondre à cette impudente. La paladin poursuivit :
"Je suis sa garde du corps. S'il lui arrive quoique ce soit, je chercherai le responsable.
-Allons, allons, modéra Elen, sire McGallaway est un homme adulte plein de ressources. Vous n'avez aucune raison de vous inquiéter.
-Je ne m'inquiète pas ! J'envisage le pire, nuance."

Karitas eut l'impression que l'Elfe voulait répondre quelque chose ; mais Elen se contenta d'afficher à nouveau un de ces sourires amusés dont elle avait le secret. La Draenei serra les poings et souleva la trappe, descendant au rez-de-chaussée sans un mot.

La salle commune de la grande hutte baignait dans une chaleur réconfortante. Une pile de bûches enflammées projetait tout autour d'elle des vagues de lumière jaune. Dans un coin, les deux Nains de la compagnie, Bardim et Azugrilm, affûtaient leurs armes, et gratifièrent la Draenei de saluts militaires.
Elle les leur rendit, avec un soulagement visible ; au moins avec eux, il n'y avait pas de faux-semblants :
"Alors la bleue, on va en promenade ? Ah ah !" Ricana Azugrilm, grinçant.

Karitas vit sa bonne humeur s'évaporer aussitôt, un frisson lui parcourant l'échine. Le nain moqueur n'était pas un faux-jeton ; en fait, sa franchise cinglante la mettait encore plus mal à l'aise que les susurrements acidulés de dame Courbenuit !
"Et il est grand temps, trancha Cornecuir, le Tauren qui avait réveillé la jeune femme. Allons, le gibier n'attend pas."
Il y avait trois autres Taurens avec lui. Tous les quatre étaient postés à l'entrée de l'habitation ; les autres étaient plus petits, sans doute plus jeunes. Ils portaient des lances, des javelots, des arcs et des couteaux en os. De grandes capes en peau d’ours leur couvrait le dos.
Karitas hocha de la tête, fit un salut formel à l'attention des deux Nains, et suivit les quatre braves de la tribu. Dehors, le froid épouvantable des montagnes balaya son visage.

Le premier ennemi était le gel, ce tueur implacable dont seuls les démons semblaient épargnés. C'est pourquoi Karitas avait pris la décision de soigner le mal à la racine. Pour ne pas avoir froid, il fallait des habits chauds. Elle se piquait de s'y connaitre en couture, elle était ravie de pouvoir mettre cette compétence au service de ses compagnons d'armes.
Les Taurens étaient d'excellents chasseurs, ils connaissaient les bêtes du coin, savaient les dépecer et tailler dans leurs fourrures des manteaux épais, confortables. Il y avait les chèvres à longues cornes, difficiles à traquer dans les escarpements ; les ours redoutés pour leur violence et leur robustesse, rôdant près des cascades ; et bien sûr, les chats-huants, des proies de choix en raison de leur superbe livrée.
La Tribu qui avait hebergé les rescapés leur avait fourni des vêtements chauds ; pour compléter cette garde-robe, et remplacer les stocks de leurs nouveaux amis, il était normal pour les réfugiés de donner un coup de main à la chasse.

Karitas accompagnait donc un petit groupe de trappeurs, à sa propre initiative. Elle supportait facilement la marche, même en terrain rocheux où ses sabots prenaient prise sans souci. Elle connaissait l'univers de la montagne, qu'elle avait connu toute son enfance.
Ici cependant, c'était autre choque que la vie dans les Flèches d'Arak. Le gibier, le climat, l'essence même de l'atmosphère différaient. Ici, les tremblements de terre étaient fréquents, les sommets semblaient fragiles, la neige traitre et les animaux, à l'affût en permanence.
Heureusement, les Taurens connaissaient ce pays, ils y avaient grandi, ils avaient appris à y survivre. Ils repérèrent les empreintes d'une famille de bouquetins, dont ils remontèrent la piste. Ils abattirent deux de ces animaux capricieux avec des tirs de javelot précis.
La matinée se poursuivit, de marches en escalades, dans un terrain de plus en plus accidenté. Parfois, les chasseurs cornus tendaient leurs grosses pattes à la paladin pour l'aider à passer une montée délicate. D'autres fois, l'un d'entre eux blessé dans une chute la remerciait pour ses prières curatives.
Avant que le soleil n'arrive au zénith, ils s'étaient sérieusement éloigné du camp, pour un bilan d'une dizaine de bêtes récoltées. Les Taurens fourraient leurs victimes dans de gros sacs en cuir qu'ils balançaient sur leurs épaules, emportant des charges qu'aucun Draenei n'aurait pu supporter, surtout en terrain valloné.

L'un des chasseurs avait été initié aux mystères des éléments, et invoqua un petit feu qui était plus que bienvenu. Ils dépecèrent quelques quartiers de viande, qu'ils firent cuire au bout de leurs lances.
Après ce frugal repas, le groupe redescendit par un autre versant de la montagne. L'après-midi provoquait souvent des éboulements et des avalanches, aussi préféraient-ils suivre un itinéraire qui suivait le bas des crêtes à une distance raisonnable. Dans ces conditions, le trajet retour pouvait les occuper jusqu'au coucher du soleil.
Karitas suivait ses guides en échangeant parfois quelques mots avec Cornecuir. Elle apprit ainsi qu'il était le chef d'un vieux guerrier, connu dans plusieurs clans pour son courage ; tandis que leurs trois amis chasseurs étaient les fils et neveu du parle-terre de la tribu. C'étaient des jeunes braves prometteurs et plein de jeunesse.
Plus bas dans les contreforts, la neige et la roche étaient remplacées par les forêts de résineux. La faune locale aussi changeait, et ils eurent la chance de trouver un chat-huant solitaire. C'était une bête magnifique avec des griffes d'argent et un pelage de neige bleutée.
L'un des jeunes chasseurs grommela quelque chose dans leur langue traditionnelle, tendant le bras vers ses camarades.
"Il veut l'affronter en duel, expliqua Cornecuir. Nous n'interviendrons pas.
-N'est-ce pas dangereux ? demanda la Paladin, en écartant les doigts pour invoquer un mot de protection.
-Peut-être, approuva le grand Tauren, en lui attrapant le poignet. Mais n'est-ce pas d'autant plus respectable ? Pas de magie, s'il-vous-plait."

Karitas cligna des yeux, puis hocha de la tête. Elle observa le jeune chasseur, qui s'interposait déjà devant le félin bleu.
Le Tauren avait des bois peu développés, qui lui donnait une allure juvénile ; il avait peut-être douze ou treize printemps - mais on mûrissait vite dans cette contrée. Il portait plusieurs colliers de plumes et de colifichets, ainsi qu'un pantalon sanglé sur ses jambes solides.
Le félin-huant, de son côté, dardait ses yeux jaunes sur son adversaire, feulant à mi-voix ; il avait une gorge rouge large ouverte sur deux rangées de crocs puissants. Le vent frais ondulait dans son épaisse toison chatoyante.
Les deux ennemis se tournaient l'un autour de l'autre, avec une lenteur calculée, sans se quitter des yeux. On aurait dit un ballet au ralenti, l'un rampant sur le sol à quatre pattes, remuant furieusement sa queue à plumes ; l'autre légèrement courbé, serrant le manche de sa lance contre son flanc, la pointe dirigée vers le prédateur.
Puis le félin-huant bondit, comme la détente d'un ressort gnome. En une seconde, le combat était réglé : la bête avait heurté la hampe de la sagaie, puis avait roulé par-dessus la tête du Tauren. Celui-ci s'était retourné un peu trop tard, et s'était fait lacérer la cuisse gauche, mais avait ensuite cloué le carnassier dans l'herbe.

Les autres chasseurs mirent aussi un genou à terre, et l'un des fils du parle-terre s'approcha de la bête éventrée en murmurant des paroles d'apaisement. Le jeune chasseur tira un couteau, égorgea rapidement l'animal pour abréger ses souffrances, et fit des trainées de sang sur ses joues.
"Il pleure la mort du félin-huant, expliqua Cornecuir en hochant de la tête.
-Mais c'est lui qui a voulu le tuer ?
-Prendre une vie est toujours triste, mais c'est nécessaire, répondit le grand Tauren en regardant la paladin. La fourrure va nous chauffer, la viande nous rassasier. Ses griffes feront des talismans pour nous donner du courage. Il continue de vivre en nous et nous le remercions."

Karitas haussa les sourcils, impressionnée par une philosophie à la fois aussi simple et aussi profonde. Elle observa le jeune chasseur qui, avec un sourire triomphal, prenait quelques plumes sur la tête du chat-huant en déclarant :
"Pour Ta'huta !"
Les autres rirent à gorge déployée. Karitas, étonnée, se tourna vers son guide :
"Ta'huta ? C'est un de vos dieux ?
-Non, hum... hésita Cornecuir, visiblement gêné. C'est une... Comment dites-vous ? Dame ? De notre tribu.
-Oh, je vois, c'est sa fiancée ? Celle avec qui il veut s'unir.
-Non, pas exactement, hum... Grogna Cornecuir. Elle s'unit avec beaucoup de monde, contre ce genre de cadeaux.
-Oh ! Rougit Karitas, confuse. C'est une... Prostituée ?
-Si vous le dites. Je ne suis pas sûr d'avoir besoin de retenir ce mot dans votre langue, fit Cornecuir en se raclant la gorge.
-Euh…Evidemment...
-Bon, si nous reprenions notre route ?" Conclut l'aîné Tauren, en secouant le sac sur ses épaules.

Le jeune chasseur hocha de la tête, et ramassa le corps du félin pour l'équilibrer sur son dos. Il l'avait à peine posé sur sa nuque, qu'un beuglement sinistre retentit entre les arbres. Une volée d'oiseaux s'envola au-dessus d'eux.
Cornecuir poussa un grognement, sans doute un juron, et meugla plusieurs ordres à ses camarades. Ils avaient tous l'air très inquiets, regardant autour d'eux en se crispant sur leurs armes.
Karitas fronça les sourcils et demanda :
"Ce n'était pas un ours, ça. Qu'est-ce que c'était ?"
Cornecuir répondit quelque chose -dans sa langue. Il cracha sur le sol avec un regard noir, qu'il jeta à la jeune Draenei en lui faisant signe de rester derrière lui. Il la poussa de la main avec tant de hâte qu'il faillit la renverser.
Un comportement aussi peu galant ne pouvait signifier qu'une chose. Les soupçons de la chevalier étaient rapidement confirmés par la sensation qu’elle ressentit bientôt envahir tout son être.
Ils arrivaient ; et ce n'étaient absolument pas des ours.

Car les ours n'ont pas pour coutume de répandre l’aura écœurante de la gangremagie...


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MessagePosté le: Jeu 24 Nov - 17:29 (2016)    Sujet du message: Publicité

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Karitas


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Inscrit le: 24 Nov 2016
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MessagePosté le: Mer 7 Déc - 18:10 (2016)    Sujet du message: Karitas - Chasse à Haut-roc Répondre en citant

Les premiers à arriver furent les chiens de l'enfer, les traqueurs de mana : des animaux dénaturés, aussi vicieux que rapides. Rampant entre les bas buissons, leurs corps boursoufflés suintaient une vapeur acide. La gueule entrouverte, incapable de se refermer à cause de multiples rangées de crocs blanchâtres, ils grognaient leur envie de mordre dans un vrombissement effrayant. Sur leur échine, des tentacules élastiques, terminés par des bouquets de dendrites, se tournaient vers les chasseurs avec avidité.
La première des bêtes poussa un feulement sauvage en répandant un filet de bave collante sur le sol. C'était le signal pour la meute, et les démons se lancèrent à l'attaque. Un premier chasseur Tauren para l'assaut d'un large moulinet de sa lance, envoyant deux de ces bêtes rouler dans les fourrés. Mais un autre, rapidement encerclé par les molosses, se fit littéralement tailler en pièces.


Poussant un beuglement de stentor, Cornecuir fonça sur les monstres, en éventra un avec ses cornes et abattit son poing sur un autre carnassier. Pendant ce temps, Karitas implorait la Lumière et guidait de la main une vague d'énergie sacrée sur les bêtes qui s'acharnaient sur le chasseur isolé.
Les corps bouffis des chiens infernaux explosèrent en confettis, répandant tripes, chair et cendres sur leur victime. La jeune paladin se précipita au chevet du malheureux chasseur, mais il ne respirait déjà que très faiblement. Il avait perdu beaucoup de sang et une large portion de son corps fumait d'un feu vert fluorescent.
Il était condamné. Tout ce qu'elle pouvait faire, c'était prendre la tête du guerrier entre ses mains bleues, et réciter des prières d'apaisement. Ainsi, il partirait sans douleur supplémentaire, et son âme ne serait pas damnée.


Les fiers Taurens avaient étripé ce qu'il restait de traqueurs corrompus, mais ce n'était qu'un avant-goût de la bataille : les chiens n'avaient fait que leur faire perdre du temps. Déjà, éclatant les souches d'arbres de leurs gros fendoirs, plusieurs gardes funestes apparaissaient en ricanant.
Le petit groupe de voyageurs resserra ses rangs alors que leur parleterre, d'une voix grave et monocorde, appelait l'aide des éléments. une motte de terre trembla près des défenseurs, et la main bosselée d'un élémentaire de roche surgit du sol.
Les démons rirent de bon cœur et bondirent en déployant leurs ailes, fracassant plusieurs fois leurs épées gangrénées sur la créature de pierre. Le choc était terrible entre ces géants, aux côtés desquels les Taurens faisaient figure de Nains.


Ils n'en combattirent pas moins avec rage ; Cornecuir planta une lance dans le buste d'un colosse rouge, en envoya un autre rouler quatre fers en l'air d'un coup de sabot bien senti. Cependant, de nouveaux adversaires arrivaient.
Karitas esquiva un coup qui lui était destiné ; elle para ensuite de son bouclier le glaive putrescent d'un garde noir, à qui elle envoya une salve d'énergie pure qui le fit reculer. Cependant, elle psalmodiait l'antique litanie des rois d'autrefois.


C'était une prière qu'elle avait lue dans un des nombreux livres de la bibliothèque, à Gallaeroc ; dans les premiers mois de son arrivée sur Azeroth, elle s'était lancée avec passion dans l'étude des croyances et des coutumes de la religion humaine.
Ce savoir lui était précieux, surtout depuis que sa foi dans les Naarus avait chancelé ; ce jour-là, ses connaissances en matière de cantiques s'avérait très utile. Une aura de lumière étincelante crépita autour de son corps, nimbant ses jambes, ses bras et son armure.


Les gardes funestes, écœurés, rompirent le combat d'avec les Taurens et observèrent un cercle respectueux, à distance de la Draenei. Cette dernière, sans cesser de chanter les nombreuses vertus de la Lumière et de ses saints, mit un genou à terre.
Elle sentait des gouttes de sueur couler le long de ses joues et de ses tentacules. La concentration requise par cette consécration était importante, et elle n'était pas sûre de pouvoir la maintenir bien longtemps.
Cela accordait un répit bienvenu, les chasseurs Taurens reformaient une ligne de défense convenable et ramassaient leurs javelines, bombant le torse et raclant le sol avec crânerie.
"Ils ont peur ! Commenta Cornecuir. On va les écraser. Maintenez votre effort, paladin !"


Il aboya quelques ordres à ses camarades, qui grognèrent leur assentiment. Mais les démons, soudain, se mirent à frapper leurs épées l'une contre l'autre, dans une grande cacophonie. Que signifiait ce cérémonial étrange ?
Karitas continuait de chanter, mais elle sentit le doute s'insinuer dans son esprit. Entre les silhouettes musclées des démons, une grande forme apparut. La Draenei fronça les sourcils, mais ferma les yeux pour maintenir son aura.


La forme s'approchait, elle pouvait la sentir même sans la voir. C'était une créature d'une grande puissance, et d'un haut degré de corruption. Elle se promenait à la lisière de sa conscience, avec un chuintement moqueur :
"Une fille de Draenor. Comme c'est cocasse. On croise de tout dans ce pays. C'est vraiment merveilleux !"
Karitas ne souhaitait pas répondre. Elle ne pensait pas, de toute façon, que cette chose était capable d'apprécier ce qu'elle lui aurait rétorqué. Mais le démon poursuivit, toujours sur un ton badin :
"Enchanté de faire votre connaissance. Je suis l'inquisiteur Zaar'Kham. Vous êtes familière avec le concept d'inquisition j'imagine, Karitas ? Combien de fois avez-vous jugé vos semblables, au nom de votre Lumière ?"
Elle ouvrit un œil et fit la moue, grinçant entre ses dents :
"Vous êtes déjà jugé et condamné, démon !"
L'aura de Lumière autour d'elle vacilla et crépita ; les Taurens se tournèrent vers elle avec appréhension :
"Que dites-vous ?" S'enquit Cornecuir.


Elle vit aussitôt qu'il ne s'agissait pas d'un vulgaire agent de la Légion : l'être qu'elle observait à présent surpassait d'une tête ses acolytes, en flottant à un mètre du sol. Il était drapé dans un long manteau déchiré, qui lui donnait les allures d'un revenant.
La tête de la chose, en particulier, avait de quoi vous dégoûter. Elle arborait un faciès vaguement chevalin, avec une mâchoire supérieure démesurée, incrustée de petites dents pointues. Un capuchon lourd cachait l'endroit où des yeux auraient dû se trouver, mais elle douter qu'il en ait réellement.
La chose pointa une main griffue vers la chevalier, sans desserrer les dents. Pourtant, Karitas entendit très distinctement sa voix moqueuse :
"Si prompte à condamner son prochain, alors qu'elle doit avoir des choses à se repentir, ai-je tort ? Pauvre petite fille perdue, sans boussole et sans maitre ! Tu t'es égarée bien loin de ton monde... D'ailleurs quel est ton monde ? Argus où tes ancêtres ont fui leur destin ? Ou Draenor que tu as fuie comme eux ?"


Elle sentit un frisson la parcourir. Cette bestiole infâme était en train de lire dans ses souvenirs ! Elle pouvait sentir l'âme ignoble de la créature palpait sa mémoire, effleurer son esprit pour y trouver un défaut, une douleur à raviver. Elle voyait confusément, dans son cœur, l'image d'un rat monstrueux salivant d'impatience.
"Si pressée de rejeter la vérité, alors que tu n'as dit à personne ce que tu as fait ! Tu as tué ta soeur, et tu oses nous faire la leçon ! Vous êtes bien des hypocrites, vous autres...
-Thion le sait ! Répliqua Karitas à voix haute en secouant ses couettes. Thion l'a vu... Il m'a pardonné !
-Pardonné ? Thion le sait ? Répéta Cornecuir, perplexe. Qu'est-ce qui se passe ?"
Le vieux chasseur était visiblement inconscient du dialogue que la Draenei entendait dans son crâne. De toute façon, elle n'était plus capable de lui répondre. Elle était lancée dans un duel de pensées, et seul son adversaire narquois existait pour elle.
"Ah, Thion McGallaway ! Savoura l'inquisiteur en étendant les mains, comme pour prendre tout le monde à témoin. J'espérais bien en venir à lui : nous y voilà. Quelqu'un qui a pris beaucoup de place dans ta vie... Quel effet cela fait de trahir son grand amour ?
-Silence ! Supplia Karitas ! Tais-toi...
-Bien sûr, me taire comme ton père et ta mère, comme Gabrios et Castalie dont tu jalousais le bonheur. Tu as détruit ta famille, il est normal que tu en souffres. Tu les vois encore quand tu fermes les yeux ? Ou tu les as oubliés ? Brave petite fille, si courageuse. Il en faut du courage pour tuer ceux qu'on aime et trahir son propre cœur !"


Karitas poussa un cri de douleur ; des larmes commencèrent à couler de ses yeux, à rouler sur sa gorge. Elle tremblait des mains aux sabots et frissonnait d'horreur. Sur son corps plié de souffrance, les étincelles de lumière s'étiolaient. Les gardes funestes, d'un seul mouvement, marchèrent vers leurs proies d'un pas menaçant. Cornecuir se plaça entre elle et l'inquisiteur, beuglant de toutes ses forces :
"Karitas ! Qu'est-ce qui vous arrive ? Ce n'est pas le moment, ils reviennent ! Karitas !"


Mais c'était trop tard. Dans un dernier flash, l'aura sacrée s'était éparpillée, et la jeune Draenei s'était effondrée dans l'herbe, le corps désarticulé, l'esprit brisé, une expression de peur panique figée sur son visage d'habitude si doux.




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MessagePosté le: Aujourd’hui à 14:25 (2018)    Sujet du message: Karitas - Chasse à Haut-roc

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